Bernard COAT

Bernard COAT

Les Caprices d'Anas

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 En version papier

 

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Présentation de l'éditeur

On a beau être optimiste et idéaliste, ce n’est pas une raison pour nous prendre pour des imbéciles... À son retour d’Afrique, où notre héros, le Robin des bois modernes, Bernard Balzac (initiales B.B.) a manqué se faire trouer la peau dans un pays hostile pour la conquête de son Graal inoffensif, une couleur rouge à nulle autre pareille, il va lui falloir essuyer les frasques de sa gentille et jolie cousine, Anaïs.
Entre affres métaphysiques et lyrisme urbain, il aimerait bien qu’on le laisse un peu seul avec sa sérénité. Peine perdue. Cet homme est résolument bon et sait pleurer comme les constructeurs de cathédrales. Entre une plongée en apnée dans les catacombes de Paris, à la découverte d’artistes plus que maudits et de personnages qui jouent les anges exterminateurs, et une mission de sauvetage auprès d’Anaïs, voilà un roman bien noir, où le tragique l’emporte sur la comédie. Les bonnes choses ont une fin, et elles tournent parfois au drame.

 

 

 

Préface « Les caprices d'Anaïs » par Fabio M.Mitchelli              

 

 

Après être resté en apnée pendant mon adolescence, dans les Univers d’Edgar Alan Poe ou de Stephen King et, bien plus tard, dans les textes de Thomas Harris, j’ai découvert un beau jour la littérature noire de Maurice G.Dantec. J’ai pensé à cet instant-là, que plus rien n’y aucun autre auteur ne pourrait me procurer un tel vertige de lecture. Et puis, il y a les auteurs comme Bernard Coat que l’on rencontre un jour, que l’on découvre, que l’on lit.

La plume de Bernard Coat est de celles qui me parlent, que je ressens, que j’affectionne car elles impriment en moi, au fil de leurs lectures, des images, des travellings, des plans-séquences. Cela, peut-être, est-il dû au fait que l’auteur soit avant tout un scénariste de talent, avec pour références de nombreuses collaborations pour de prestigieuses institutions, le cinéma ou bien encore des émissions de variétés télévisées. Son écriture reste aérienne, transparente, parfois très sombre. On retrouve aussi dans les dialogues de ses récits de vraies perles métaphoriques, on y sent aussi bien la patte d’Audiard que celle de Balzac.

La narration de Bernard Coat est atypique, parfois hypnotique. Tantôt simple, tantôt utile, parfois « rentre-dedans ». La richesse du vocabulaire de Bernard Coat vaut son pesant d’or et donne ses lettres de noblesse à son roman intitulé « Les Docks de Sang » ; un illustre roman noir, social, intriguant. Cet ouvrage semble être un étrange hybride cinémato-littéraire, issu de l’accouplement de « Fight club » de David Fincher, et de « Usual suspect » de Bryan Singer.

La faune éditoriale à encore beaucoup de chemin à parcourir, beaucoup de chasseurs de têtes à recruter. Existe-t-il encore beaucoup d’individus tels que Bernard Coat ? Y-a-t-il encore beaucoup d’auteurs de cette trempe, noyés dans la masse, laissés dans l’ombre, des auteurs qui possèdent de vraies pépites dans leurs tiroirs, de vrais langages et de vraies dentelles littéraires dans leurs crânes ? La réponse est oui, et Bernard COAT  en est la parfaite émergence. Il représente, à mon sens, un vrai talent ; la prouesse d’une plume excellente comme il me plaît d’en lire, d’en découvrir et d’en parler.

 

Vous découvrirez au fil de ce roman comment, de manière surprenante, le style narratif de l’auteur vous emmaillotera comme l’arachnide le fait avec ses proies. Vous découvrirez pourquoi au terme de cet ouvrage, vous relirez un jour, peut-être demain ou la semaine suivante, « du » Bernard Coat.

Cet ouvrage, passé entre mes mains avant même son édition, m’a fait prendre conscience que le talent ne se cache pas forcément dans les supermarchés, sur des rayons près des paquets de lessives ou des flacons d’eau de toilettes (Dixit l’auteur tel un message subliminal). Non, le talent ne se trouve pas forcément sous les feux de la rampe, à la radio ou sur un plateau télé. A la lecture du Roman noir d’Anaïs, j’ai plongé dans la grâce, la subtilité. La beauté et la justesse de ces phrases-là m’ont parfois bouleversé. J’ai eu l’occasion de passer par différentes phases émotionnelles, par différents paliers sur l’échelle des sensations.

« Les caprices d'Anaïs » est une ode à l’humanité. Des personnages bouleversants, charismatiques même, vont et viennent dans une atmosphère assez lourde, presque irréelle et pourtant, si proche de notre réalité. Les tourments de l’homme, ses extravagances, ses viles facettes et sa miséricorde, la vie, la mort, sont dépeints ici dans le raffinement et la virtuosité d’un lyrisme éloquent.

Un pur moment de bonheur, une valse littéraire…

 

 

Fabio M.Mitchelli

 

 

 

Extrait 1

 

 

La matinée de la descente sur la terre ferme et les jours qui suivirent resteront à jamais gravés dans ma mémoire d’homme.

 

Les marins ne descendirent pas à terre, ayant hâte de rejoindre Djibouti et ayant reçu quelques consignes de prudence, mais s’appuyèrent contre le bastingage fringués de propres et munis de courtoisies, me faisant penser gentiment aux personnages homosexuels des publicités pour parfums de Jean-Paul Gautier, l’aimable couturier s’inspirant lui-même du héros de « Querelle de Brest » de Jean Genet qui ont également en commun d’apprécier le vélo pour un régime sans selle.

 

J’ouvre ici une parenthèse de réalité noire et monstrueuse et la refermerai lorsque j’apercevrai les contours enchantés de la ville des Lumières, quelques signes m’indiquant déjà sa proximité.

 

 

 

Extrait 2

 

 

Enfant, les psychologues eurent la plus grande peine du monde à diagnostiquer mon mal-être, mon comportement. Celui-ci consistait principalement à m’évader silencieusement  dans quelques rêveries tenaces, délicieuses et impénétrables pour les autres afin de m’isoler pour ne point entendre les geignardises, les réflexions plus stupides et teigneuses que puériles de mes petits collègues de l’école primaire. Ils m'étiquetèrent alors sous le terme générique et flatteur « d'autiste à intelligence précoce » ; ils parlèrent aussi je m'en souviens comme d’avant-hier, du tout nouveau syndrome d'Asperger, sauf que ma motricité fut alors parfaite car je taquinais le piano au conservatoire quasi comme Abdel-Rahman El Bacha attaquant une mazurka de Chopin ; je ne dus mon arrêt intempestif de l’étude de cet instrument qu’à cause des fréquentes fuites urinaires de Madame ma professeure. C’est donc de façon précoce et pour le monde entier que j’élevais bien haut ma pancarte de manifestant silencieux sur laquelle était inscrit : «  Mort aux cons ! ».

 

 

 

 



19/03/2016